L'histoire de la couleur noire
16 septembre - 29 novembre 2026
Commissaires: Dmitry Gaïkov, Alyona Diatko
L'histoire de la couleur noire est celle des transformations de l'humanité: ses peurs, les mécanismes de pouvoir qui se sont mis en place, ses quêtes spirituelles et les révolutions esthétiques qui se poursuivent encore aujourd'hui. Le projet "L'histoire de la couleur noire", organisé par la Fondation culturelle Ekaterina sous le commissariat de Dmitry Gaïkov et Alyona Diatko, rassemble plus de 80 artistes contemporains qui, dans les huit salles de l'espace d'exposition, explorent la polysémie du noir sous ses aspects sociaux, psychologiques et symboliques.
Chaque uvre est un élément à la fois autonome et essentiel d'une exposition cohérente. D'une part, le spectateur peut découvrir le regard d'un artiste pris isolément sur la nature de la couleur noire (près de la moitié des uvres ont été réalisées spécialement pour ce projet); d'autre part, il s'agit d'une réflexion sur l'anthropologie symbolique du noir dans chacune des salles.
La première salle aborde le thème de la genèse du monde à partir du chaos noir. Le noir a longtemps été exclu de la gamme des couleurs et, pourtant, sans être encore une couleur à part entière, il s'est imposé comme le point de départ de l'existence de l'humanité. La deuxième salle est consacrée à l'archaïsme, aux premiers pigments et à l'exploration des possibilités offertes par la couleur noire. Dans la troisième salle, le noir est considéré comme la couleur de la fertilité et de la vie. Les quatrième et cinquième salles explorent le noir au Moyen Âge, où, d'une part, c'est la couleur des ténèbres chrétiennes et, d'autre part, un élément indissociable des rituels mystiques. La sixième salle est consacrée aux "siècles très sombres" (M. Pastoureau). Dans l'histoire des sciences des XVIIe et XVIIIe siècles, c'est l'époque des Lumières et de la Raison; cependant, tant sur le plan religieux et social que sur le plan moral et symbolique, ce sont des siècles sombres: rudesse des murs, intolérance, calamités, rigorisme des opinions - ce ne sont pas le "Moyen Âge", mais l'époque de Louis XIV et de Versailles. La septième salle est consacrée à la "fumée de la révolution industrielle"; ensuite, dans la huitième salle, le noir s'inscrit dans la conscience post-numérique, où il se psychologise de manière étrange, acquérant des significations supplémentaires - allant de la "mise hors tension de l'écran" à la nostalgie douloureuse du passé.
L'un des objectifs majeurs du projet est le retour au dialogue. La réflexion sur le noir à travers le langage de l'art permet de construire un dialogue symbolique et polyphonique, dans lequel des maîtres reconnus (Erik Bulatov, Édouard Steinberg, Olga Tobreluts, Andreï Filippov, Vladimir Nemoukhine, Kirill Tchelouchkine) se joignent à de nouveaux acteurs (Kirill Manchounski, Alexandra Granovskaïa, Alexeï Bevza, Katia Nikitina, Elena Filaretova).
S'inspirant des travaux de l'historien de la couleur Michel Pastoureau, les commissaires proposent une approche interdisciplinaire non seulement pour la présentation des uvres, mais aussi pour le programme parallèle élaboré dans le cadre de l'exposition. Outre des visites guidées par les commissaires, des rencontres avec des artistes, des philosophes, des sociologues et des théologiens sont prévues. Les textes des experts invités viendront enrichir l'espace des salles, ce qui permettra d'approfondir l'étude du noir en tant qu'élément du code culturel, dont les significations varient selon les époques, les religions, les idéologies et les visions du monde.
Le jeudi l'accès à l'exposition est gratuit.
Tous les jours (sauf le lundi) de 11h à 20h
La caisse est ouverte jusqu'à 19h30
Téléphone: +7 (495) 621-55-22
E-mail: info@ekaterina-foundation.ru
Adresse: Moscou, 21/5, rue Kouznetsky most, entrée 8, l'entrée du coté de la rue Bolchaïa Loubïanka